Pourquoi même les cadres expérimentés transpirent-ils face aux questions critiques des journalistes? Pourquoi des apparitions médiatiques bien préparées se transforment-elles parfois en champs de mines communicationnels? Comment certains interviewés parviennent-ils à transmettre leurs messages clés même dans les situations les plus délicates ?
La réponse réside dans une préparation professionnelle et la maîtrise de techniques d'interview éprouvées. Cela est particulièrement important dans le paysage médiatique suisse, où les journalistes sont connus pour leur approche critique et rigoureuse.
Une interview n'est pas un interrogatoire. Il s'agit d'un dialogue stratégique dans lequel les deux parties poursuivent leurs propres objectifs. Le journaliste recherche des informations, des citations et éventuellement des déclarations controversées. En tant que personne interviewée, vous souhaitez faire passer vos messages, présenter votre entreprise sous un jour positif et éviter les malentendus.
La plus grande erreur est de se présenter à une interview sans être préparé. Selon une étude réalisée par news aktuell, plus de 80 % des journalistes suisses utilisent quotidiennement des communiqués de presse. Ils sont donc parfaitement informés et attendent des réponses fondées. La superficialité se remarque immédiatement.
Contrôler une interview ne signifie pas ignorer ou éluder les questions. Cela signifie orienter activement la conversation. Vous ne vous contentez pas de réagir, vous agissez. Cette distinction est fondamentale pour réussir dans les relations avec les médias.
Dans la culture d'entreprise suisse, qui accorde une grande importance à la précision et à la fiabilité, une communication authentique est particulièrement importante. Les journalistes de la NZZ, du Tages-Anzeiger ou de la SRF apprécient les réponses claires et détectent rapidement les faux-fuyants. Les techniques que nous vous présentons vous aideront à répondre à des questions difficiles sans paraître peu crédible.
Le bridging est sans doute la technique la plus importante pour répondre aux questions difficiles. Les experts en formation aux médias soulignent que cette technique permet de passer avec élégance d'une question désagréable à ses propres messages clés sans paraître évasif.
Le principe est simple, mais la mise en pratique demande de l'entraînement.
Vous reconnaissez la question, y répondez brièvement, puis faites le lien avec ce que vous voulez vraiment dire. La clé réside dans une transition naturelle qui ne donne pas l'impression d'un changement de sujet abrupt.
Expressions de transition efficaces dans le contexte suisse :
Exemple concret: un journaliste vous interroge sur les prix élevés de votre produit. Au lieu de vous mettre sur la défensive, vous pourriez répondre: «Nos prix reflètent les normes de qualité suisses, et ce que nos clients apprécient particulièrement, c'est l'excellent rapport qualité-prix. Permettez-moi de vous donner un exemple concret...». Vous orientez ainsi la conversation vers la qualité et la satisfaction client.
Le danger du bridging réside dans sa surutilisation. Si vous détournez chaque question, cela peut paraître manipulateur. Les journalistes suisses, connus pour leur rigueur, insisteront. Utilisez le bridging de manière ciblée, sans en abuser.
Il arrive parfois que vous ne puissiez ou ne deviez pas répondre à certaines questions. Informations commerciales confidentielles, négociations en cours, restrictions juridiques : les raisons sont multiples. C'est là qu'intervient le blocage.
Les experts en communication recommandent de ne jamais ignorer une question. Expliquez plutôt de manière transparente pourquoi vous ne pouvez pas répondre et proposez des informations alternatives.
Formulations professionnelles de blocage:
Tout est dans le ton. Dans la culture d'entreprise suisse, la franchise est appréciée, mais elle doit être présentée avec courtoisie. Un simple «pas de commentaire» peut paraître désinvolte et susciter la méfiance. Il vaut mieux expliquer la raison de cette réserve, puis poursuivre de manière constructive.
Un exemple: «Je ne peux pas encore vous donner le montant exact des investissements pour notre nouvelle usine à Bâle, car le financement n'est pas encore finalisé. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agira du plus gros investissement individuel de l'histoire de l'entreprise et qu'il permettra de créer plus de 200 nouveaux emplois dans la région.»
Le flagging est une technique sous-estimée, mais très efficace. Vous signalez au journaliste et au public ultérieur que quelque chose d'important va suivre. Les formateurs en médias soulignent que le flagging aide à ancrer les messages clés dans la mémoire.
Dans une interview de 30 minutes, deux ou trois déclarations seront peut-être citées. Le flagging vous permet d'augmenter la probabilité que ce soient vos points les plus importants.
Phrases de signalisation efficaces:
Le flagging fonctionne particulièrement bien lorsqu'il est associé à des chiffres concrets ou à des faits surprenants. «La conclusion principale de notre étude : 73 % des PME suisses sous-estiment l'importance de...» – une telle affirmation marque les esprits.
Mais attention: tout ne peut pas être important.
Si vous utilisez trop souvent le flagging, cette technique perdra de son efficacité. Réservez le flagging pour vos deux ou trois messages centraux. Dans une interview accordée au magazine économique Bilanz ou au journal Handelszeitung, les journalistes attendent des déclarations substantielles – les superlatifs vides de sens sont perçus négativement.
Le hooking est l'art de placer à la fin d'une réponse un appât qui invite à poser une question complémentaire, une question à laquelle vous souhaitez répondre. Cette technique vous permet de mieux contrôler le déroulement de la conversation.
Exemples d'accrochage efficace:
Le journaliste vous demandera presque automatiquement: «Quelles autres innovations?» ou «Qu'est-ce qui était si surprenant à Zurich?». Vous pouvez ainsi orienter la conversation dans la direction souhaitée.
Le hooking fonctionne particulièrement bien dans le cadre d'interviews approfondies ou de conversations plus longues. Lors d'interviews brèves consacrées à l'actualité, les journalistes ont souvent une liste de questions fixe et moins de flexibilité. Adaptez votre technique au format.
Certains journalistes provoquent délibérément afin de susciter des réactions émotionnelles. Une explosion de colère, une déclaration irréfléchie : voilà les gros titres de demain. Les conseillers en communication recommandent d'être particulièrement attentif au langage corporel et au ton de la voix en cas de provocation.
Stratégies contre les provocations:
Premièrement : faire une pause. Une courte pause de réflexion est un signe de souveraineté. Dans la culture d'entreprise suisse, qui valorise la prudence, les réponses réfléchies semblent plus professionnelles que les répliques rapides.
Deuxièmement: privilégiez les faits plutôt que les émotions. Si un journaliste vous pose une question provocante telle que «N'est-il pas cynique de parler de succès dans cette situation?», répondez-lui en vous appuyant sur des faits: «Les chiffres montrent une autre réalité: 15 % de croissance, 50 nouveaux emplois, 92 % de satisfaction client. Ce sont là des succès mesurables.»
Troisièmement: reformuler la provocation. «Vous demandez en fait comment nous gérons la situation difficile du marché. Permettez-moi de vous expliquer notre stratégie...»
Quatrièmement: contestez clairement les insinuations injustes. «Cette affirmation ne correspond pas à la réalité. La réalité est...» Mais restez objectif et évitez les attaques personnelles.
Avant chaque entretien, vous devriez établir une liste de questions-réponses. Quelles questions difficiles pourraient vous être posées? Comment y répondrez-vous? Cette préparation est essentielle.
Pensez comme un journaliste. Quels sont les points faibles de votre histoire? Où y a-t-il des contradictions? Qu'est-ce qui pourrait être remis en question de manière critique? Un journaliste de la NZZ ou de la SRF aura effectué des recherches approfondies.
Catégories de questions difficiles:
Élaborez des réponses clés pour chaque catégorie. Ne les apprenez pas par cœur, cela donnerait l'impression que vous êtes un robot. Mais les arguments doivent être bien ficelés.
Entraînez-vous avec vos collègues. Laissez-les vous poser les questions difficiles.
La première réponse est rarement parfaite. Avec de la pratique, vous gagnerez en assurance et en authenticité.
Ce que vous dites n'est qu'une partie du message. La manière dont vous le dites est tout aussi importante. Lors des interviews télévisées de SRF ou TeleZüri, la composante visuelle est déterminante.
Les choses à faire en matière de langage corporel:
À ne pas faire en matière de langage corporel:
La voix en dit souvent plus long que les mots. Parlez délibérément plus lentement lorsque vous êtes nerveux. Variez le ton et le rythme pour éviter la monotonie. Les pauses sont puissantes: elles donnent du poids à vos mots.
Dans les interviews radio, votre voix est votre seul outil. Souriez lorsque vous parlez, cela s'entend. Si possible, restez debout, votre voix paraîtra plus énergique.
Le paysage médiatique suisse a ses particularités. Les journalistes exigent précision et fidélité aux faits. Les exagérations et les phrases marketing sont mal perçues.
En Suisse alémanique, on apprécie la modestie. Trop s'auto-féliciter peut paraître antipathique. Mieux vaut dire «Nous sommes satisfaits de l'évolution» plutôt que «Nous sommes les meilleurs».
En Suisse romande, on peut se permettre d'être plus émotionnel. Les journalistes francophones apprécient les formulations éloquentes et la finesse rhétorique. Mais là aussi, le fond prime sur la forme.
L'ancrage régional est important. Mentionnez des références locales, citez des exemples suisses. «Dans notre usine à Winterthur...» ou «En collaboration avec l'ETH Zurich...»: ce genre de références crée un lien.
Le système de milice marque la mentalité suisse. De nombreux journalistes connaissent l'économie par leur propre expérience. Ils voient rapidement au-delà des réponses superficielles.
Erreur n° 1: trop parler De nombreux candidats se tirent une balle dans le pied. Plus la réponse est longue, plus le risque de dire quelque chose de faux est grand. Règle générale: 30 à 60 secondes par réponse, c'est l'idéal.
Erreur n° 2: mal interpréter l'expression «off the record» En Suisse, tout est considéré comme «on the record», sauf accord contraire explicite conclu AVANT la déclaration, et non après. Ne comptez jamais sur le fait que quelque chose «restera entre vous».
Erreur n° 3: spéculer Les questions hypothétiques sont des pièges. Ne spéculez pas sur des scénarios que vous ne pouvez pas contrôler. «Ce n'est que spéculation. Ce que je peux vous dire... »: restez-en aux faits.
Erreur n° 4: dénigrer les autres Les propos négatifs à l'égard des concurrents donnent une image peu professionnelle. Dans la culture d'entreprise suisse, le fair-play et le respect sont de mise. Concentrez-vous sur vos points forts, pas sur les faiblesses des autres.
Erreur n° 5: ne pas être préparé La plus grande erreur qui soit. Même un bref entretien téléphonique mérite une préparation. Connaissez le média, le journaliste, le groupe cible. Quels sont vos trois messages clés?
L'entretien est terminé, mais votre travail n'est pas encore fini. Le suivi est important pour l'assurance qualité et les futurs entretiens.
Documentez : quelles questions ont été posées? Comment y avez-vous répondu? Qu'est-ce qui s'est bien passé, qu'est-ce qui l'a moins bien fonctionné? Cette analyse vous aidera à préparer vos futurs entretiens.
Restez joignable. Les journalistes ont souvent des questions à poser lors de la rédaction d'un article. Des réponses rapides et précises sont appréciées et renforcent la relation.
Lorsque l'article paraît, analysez-le: avez-vous été cité correctement? Vos messages clés ont-ils été bien compris? Y a-t-il eu des malentendus? Tirez-en des leçons pour l'avenir.
Remerciez le journaliste, même si l'article était critique. Le professionnalisme porte ses fruits à long terme. Le paysage médiatique suisse est petit – on se reverra.
Les techniques d'interview ne s'apprennent pas uniquement dans les livres. Une formation pratique dans des conditions réalistes est irremplaçable. Une formation professionnelle aux médias simule différentes situations d'interview et vous donne de l'assurance.
Pendant la formation, vous pouvez faire des erreurs et en tirer des leçons. Vous vous entraînez à répondre à des questions difficiles, testez différentes techniques, optimisez votre langage corporel. Les commentaires des professionnels sont inestimables.
Particulièrement important : formation à la caméra pour les apparitions à la télévision. La plupart des gens sont effrayés lorsqu'ils se voient pour la première fois en vidéo. Tics, incertitudes, bizarreries linguistiques : tout cela est remarqué pendant la formation et peut être corrigé.
Le paysage médiatique évolue rapidement. L'intelligence artificielle permet aux journalistes d'effectuer des recherches plus rapidement et de mettre au jour les contradictions. Leurs déclarations sont comparées à leurs déclarations antérieures, ce qui permet de repérer immédiatement les incohérences.
Les réseaux sociaux amplifient la portée des interviews. Une phrase imprudente peut devenir virale. Dans le même temps, les canaux numériques offrent de nouvelles possibilités pour présenter votre point de vue sans filtre.
Les interviews en podcast gagnent en importance. Ce format permet des conversations plus longues et plus approfondies. Les techniques restent les mêmes, mais le cadre plus détendu exige d'autres nuances.
Vous souhaitez perfectionner vos techniques d'interview et vous montrer à l'aise même dans des situations médiatiques difficiles ? Brand Affairs vous aide grâce à une formation médiatique professionnelle adaptée aux spécificités du paysage médiatique suisse. Forts de plus de 18 ans d'expérience et de notre réseau d'experts en communication, nous vous préparons de manière optimale aux interviews avec la SRF, la NZZ, le Tages-Anzeiger et d'autres médias importants.
Contactez-nous pour un entretien-conseil sans engagement. Ensemble, nous développerons vos stratégies médiatiques personnelles et vous formerons aux techniques qui correspondent à votre personnalité et à votre entreprise.
Quelle est la différence entre le «bridging» et le «blocking»? Le «bridging» consiste à détourner une question vers vos messages clés tout en y répondant. Vous établissez ainsi un lien élégant avec votre thème. Le «blocking», en revanche, consiste à expliquer explicitement pourquoi vous ne pouvez pas répondre à une question particulière, par exemple pour des raisons juridiques ou de confidentialité. Ces deux techniques sont légitimes, mais elles doivent être utilisées de manière ciblée et non abusive.
Comment réagir face à des questions injustes ou tendancieuses? Restez calme et objectif. Corrigez les prémisses erronées contenues dans la question : «Cette affirmation ne correspond pas à la réalité. En réalité, ...». Évitez les réactions émotionnelles ou les attaques personnelles. Profitez de l'occasion pour présenter votre point de vue. Si les questions injustes se répètent, vous pouvez également aborder la question : « Restons-en aux faits... ».
Dois-je suivre une formation aux médias même si je donne rarement des interviews? Oui, surtout dans ce cas. Les personnes qui donnent rarement des interviews sont souvent moins sûres d'elles et ont tendance à faire des erreurs. Une formation aux médias vous apporte de l'assurance et vous enseigne des techniques que vous pouvez également utiliser dans d'autres situations de communication, telles que des présentations, des négociations ou des entretiens difficiles. Investir dans vos compétences en communication est très rentable.
Quelle doit être la longueur de mes réponses? Pour la radio et la télévision, la règle est la suivante: 20 à 30 secondes pour une déclaration concise, 60 secondes maximum pour les sujets plus complexes. Dans les interviews écrites, vous pouvez répondre de manière plus détaillée, mais là encore, la concision prime sur la longueur. Les longs monologues fatiguent et augmentent le risque de se tromper. Structurez les réponses plus longues en points clairs.
Que faire si je ne connais pas la réponse? L'honnêteté est toujours la meilleure solution. Dites: «Je ne peux pas vous répondre précisément pour le moment, mais je vais me renseigner et je reviendrai vers vous.» Et tenez votre promesse. Ne faites jamais de suppositions et n'inventez rien: les journalistes vérifient les faits. Si vous ne disposez pas de données spécifiques, vous pouvez également renvoyer vers des experts ou citer des tendances générales du secteur.
Comment gérer le dialecte suisse lors d'interviews? Cela dépend du média. Sur les stations de radio locales ou les chaînes de télévision régionales, le dialecte est souvent apprécié et crée une proximité. Dans les médias nationaux ou les publications économiques, l'allemand standard est plus professionnel. En cas de doute, renseignez-vous au préalable. En Suisse romande et au Tessin, vous parlerez bien sûr la langue nationale respective. Important : restez authentique, l'allemand standard forcé donne souvent une impression de rigidité.
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